Yourproj e  c    t
Informatique
Loisirs & Logiciels
L'ophrys abeille (Ophrys apifera)
Orchidacées
Ophrys abeille (Ophrys apifera) Fleur Orchidée
Insoupçonnable beauté
Avez-vous déjà eu la chance de croiser une Ophrys abeille ? Du fait de ça faible taille, aux alentours de 25 cm, et de ces feuilles simples et lancéolées, cette plante d’une rare beauté passe souvent inaperçu, et pourtant, cette orchidée sauvage à la fleur intrigante est présente sur tout le territoire national, de manière dispersée cependant. Les Ophrys appartiennent à la très grande famille des Orchidées, la troisième que compte le monde végétal après les Astéracées et les Légumineuses, ainsi plus de 20 000 espèces sont recensées. Cette famille de plantes prédomine dans les régions intertropicales, en France on en compte environ 175 espèces. Ce qui interpelle en premier à la vue d’une Ophrys, c’est la forme caractéristique de la fleur. Celle-ci imite la forme d’un insecte. Cette plante à pollinisation entomophile1, utilise ce stratagème pour les attirer et ainsi permettre sa reproduction. Son nom de genre « Ophrys » signifie « sourcil » en grec, certaines sources anciennes indiquent que ce terme proviendrait du nom d’une plante utilisée pour teindre les sourcils et les cheveux. Le choix de son nom d’espèce par contre est évident, « apifera » vient du grec « apis » abeille et « fero » porter, soit mot à mot « plante qui porte une abeille ».

Une aire d’atterrissage sur mesure !
Comme nous l’avons dit, la forme de la fleur attire les insectes, mais ce n’est pas tout. Pour favoriser l’accès aux organes reproducteurs, les Ophrys offrent aux insectes une véritable piste d’atterrissage constituée d’un pétale très large appelé « labelle ». Ce pétale est au départ dorsal, mais suite à une torsion de l’ovaire de 180°, qui va retourner toute la fleur, il va se retrouver en position ventrale ! Ce phénomène est nommé « résupination».
Ophrys abeille (Ophrys apifera) inflorescence Orchidée
Une plante amoureuse d’un champignon
Les graines d’Ophrys, comme celles de toutes les Orchidées sont très petites, de l’ordre de 10 microgrammes. Mais un seul fruit, une capsule en l’occurrence, peut en contenir plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers. Elles sont minuscules car elles ne disposent pas d’albumen, le tissu nourricier habituellement présent. Comment font-elles alors pour germer et se développer sans réserve de départ ? Il faut disposer d’un microscope pour entrevoir la solution, un champignon du genre Rhizoctonia colonise l’embryon et par une augmentation de la pression osmotique des cellules de ce dernier, va permettre la germination. Le champignon lui apportera tout, eau, sel minéraux, sucre, jusqu’à ce que la plante soit suffisamment développée pour devenir autonome, bel exemple de symbiose. Les horticulteurs ont depuis longtemps compris ce mécanisme et sont maintenant capables de produire des Orchidées sans Rhizoctonia, ce qui est impossible dans la nature, contribuant ainsi à la baisse du prix des Orchidées.

Manipulatrice jusqu’au bout !
Après avoir profité d’un champignon, leurré les insectes par mimétisme, après les avoirs trompés à l’aide de phéromone spécifique, après leur avoir déroulé le tapis rouge, sous la forme de leur labelle et bien elles vont leur proposer de transporter le pollen de manière groupé ! Sur les photographies on distingue une petite masse visqueuse jaune qui pend au bout d’un pédicelle. Il s’agit d’une des deux « pollinies », petite masse correspondant à l’agglomération des grains de pollen en une boule collante que les hyménoptères vont transporter d’une fleur à l’autre. En une seule navette, ce sera un grand nombre de grains de pollen qui seront acheminés permettant la fécondation des milliers d’ovules contenus dans l’ovaire. Les Orchidées n’ont pas atteint le statut de 3ème famille du monde végétal pour rien !

Ophrys abeille (Ophrys apifera) vue générale Orchidée
Entomophile : Ce dit des plantes totalement ou partiellement dépendantes des insectes pour le transport de leur pollen. La vanille par exemple, autre espèce d’orchidée, est tributaire d’une espèce d’abeille (Mélipone). Pour cultiver la vanille en dehors des zones de présence de cette abeille, les hommes sont contraints  d’effectuer la pollinisation manuellement !

Photographies Thierry Pernot (Jura)
YOURPROJECT INFORMATIQUE  EURL au capital de 10 000€    Gérant: Thierry Pernot  Contact: yourproject@orange.fr  Siège social: 27 rue Saint-Georges 39360 Larrivoire    Siret: 51303003100019  NAF:6201Z  N° TVA: FR29513030031